ACTUALITES


Un test de dépistage de l’atrophie progressive de la rétine chez plusieurs races de chats


de Maud LAFON Posté Septembre 2011 sur la Dépêche Vétérinaire

Antagene propose un nouvel test génétique, le test APR-rdAc ND, permettant le dépistage de l'atrophie progressive de la rétine chez 14 races de chats*.

L'atrophie progressive de la rétine, qui apparaît entre un an et demi et deux ans, provoque une dégénérescence progressive des bâtonnets et des cônes et conduit à la cécité complète généralement entre trois et cinq ans.

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La fréquence des chats porteurs de la mutation responsable est d'environ 30 % chez l'abyssin et 40 % chez le siamois. L'estimation de la prévalence est en cours dans les autres races concernées.
Le test permet de dépister les reproducteurs et les chatons porteurs et ainsi d'adapter les croisements pour éviter la propagation de l'anomalie génétique au sein des populations.

>> Encore plus d’infos !
 Site Internet : www.antagene.fr
*Abyssin, somali, siamois, cornish rex, oriental, bengal, balinais,Tonkinois, peterbald, singapura,munchkin, ocicat, american wirehair, american curl.

**SNVEL : Syndicat national des vétérinaires d’exercice libéral.

 


Abattage rituel : Bruno Le Maire réaffirme l’opposition du gouvernement à un étiquetage


de Michel JEANNEY Posté juillet 2011 sur la Dépêche Vétérinaire

Dans sa réponse à une question écrite à l’Assemblée nationale, Bruno Le Maire s’est déclaré opposé au nom du gouvernement à l’étiquetage de la viande issue d’un abattage rituel. Il avance plusieurs arguments, s’inquiétant notamment d’un risque de stigmatisation et de déstabilisation du marché. Reste que le débat, notamment au niveau européen, n’est pas clos.

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Le gouvernement n’est pas favorable à la mise en place d'une mention obligatoire de l'abattage sans étourdissement sur la viande issue de l’abattage rituel. C’est ce que Bruno Le Maire a répondu* au député Nicolas Dupont-Aignan qui, dans une question écrite à l’Assemblée nationale, l’interrogeait sur les mesures qu’il comptait prendre pour mieux informer le consommateur afin de lui garantir « des produits qui correspondent à ses attentes et à ses convictions philosophiques ou religieuses ».
Tout en déclarant que « le gouvernement est particulièrement attaché à ce que l'information du consommateur soit claire et conforme aux règles prévues par le Code de la consommation », le ministre de l’Agriculture se dit opposé à un étiquetage portant sur le type d’abattage.

Vote au Parlement  européen le 5 juillet
Selon lui, « cette approche revient à porter une attention particulière sur un type de viande en fonction du mode d'abattage, alors même que les viandes concernées n'ont pas de différence organoleptique, sanitaire ou de mode de production ». «Par ailleurs, elle serait susceptible de stigmatiser, aux yeux du consommateur, des pratiques d'abattage ayant des fondements relatifs à la liberté religieuse», estime-t-il.
Autre argument avancé par le ministre : « Un  tel étiquetage différentiel serait de nature à déstabiliser les marchés de la viande de manière durable.»
Reste que le débat n’est pas clos au niveau européen. Le Parlement européen a, en effet, dans sa résolution législative du 16 juin 2010 sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil concernant l'information des consommateurs sur les denrées alimentaires, introduit, en première lecture, un amendement visant à la mise en place d'une mention obligatoire de l'abattage sans étourdissement.
Le Parlement européen doit se prononcer sur cet amendement par un vote prévu le 5 juillet prochain.
Les associations de protection animale dénoncent, dans ce contexte, la position de la France.
« Le gouvernement français affiche (…) clairement son mépris pour la liberté de conscience des consommateurs qui continueront à acheter et à consommer sans le savoir de la viande provenant d’animaux abattus sans étourdissement », regrette ainsi l’Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoirs (OABA), présidée par notre confrère Jean-Pierre Kieffer, dans un communiqué du 26 mai.

« Dans ses précédentes réponses parlementaires, Bruno Le Maire indiquait que la France ne pouvait légiférer seule sur ce sujet et qu’un texte normatif européen était nécessaire. Nous savons désormais que ce texte communautaire ne verra jamais le jour en raison de l’opposition de la France », s’inquiète l’OABA.

« Quant à l’argument de la « non stigmatisation » de telle ou telle communauté religieuse, Monsieur Bruno Le Maire, en fin observateur de la vie politique, devrait se rendre compte qu’un tel étiquetage serait beaucoup moins « stigmatisant » que certains débats sur la laïcité... », commentel’association.

Les vétérinaires pour une stricte application de la dérogation
Les protecteurs des animaux pointent, en effet, une tendance à la généralisation, pour des raisons économiques (respect des cadences notamment), de la pratique de l’abattage sans étourdissement des animaux, qui  n’est pourtant admise qu’à titre dérogatoire. Conséquence : une quantité importante de produits carnés issus de ce type d’abattage serait commercialisée dans les circuits classiques de distribution. 
L’OABA estimait ainsi, en mars 2010, que, « sur trois animaux abattus halal ou casher en France, deux seront intégrés dans le circuit classique et en fait consommés par des consommateurs, à leur insu, en dehors de toute pratique religieuse » (lire DV n°1069 page 6).

Les associations ne sont pas les seules à s’émouvoir de cette dérive. Les vétérinaires ont aussi clairement affiché leur désaccord lors des dernières Rencontres nationales vétérinaires, à Bordeaux.
A cette occasion, une résolution en faveur d’une stricte application de la dérogation et de l’étiquetage de la viande issue d’abat­tages sans étourdissement a été adoptée à l’unanimité par les délégués du SNVEL** (lire DV n° 1095 page 14).

*Réponse publiée au Journal officiel du 24 mai 2011.

**SNVEL : Syndicat national des vétérinaires d’exercice libéral.

 


Dermatite atopique canine : l’association pentoxyfilline-acides gras essentiels est efficace


de William BORDEAU Posté juillet 2011 sur la Dépêche Vétérinaire

L’efficacité de la pentoxyfilline associée à des acides gras essentiels a été montrée dans une étude portant sur des chiens atteints de dermatite atopique. Le contrôle symptomatique de l’affection a été meilleur qu’avec la pentoxifylline employée seule, sans effet secondaire notable.

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La dermatite atopique est une dermatite allergique fréquente chez le chien puisqu’elle concerne près d’un animal sur dix environ. Il s’agit d’une dermatose qui peut être très invalidante, ne serait-ce que par le prurit souvent violent qu’elle entraîne.

Son contrôle symptomatique peut être réalisé avec différentes molécules, parmi lesquelles les glucocorticoïdes ou encore la ciclosporine. Dans cet article*, les auteurs évaluent l’efficacité de lapentoxifylline, un inhibiteur des phosphodiestérases, en association avec les acides gras essentiels (AGE). Séparément ces molécules ont montré une certaine efficacité. L’idée est ici d’évaluer un éventuel effet synergique.
Cette étude a été réalisée chez 30 chiens âgés de 1 à 10 ans, dont 12 labradors, 5 golden retrievers et 3 berger allemands. Tous ces chiens présentaient des symptômes depuis au moins 6 mois et le diagnostic était clinique et basé sur les critères de Willemse.

Score CADESI et de prurit
Les chiens étaient séparés en trois groupes. Ceux du premier ne recevaient que de la pentoxifylline, 3 fois par jour. Ceux du second groupe recevaient de la pentoxifylline 3 fois par jour et des AGE 2 fois par jour, tandis que ceux du dernier groupe ne recevaient qu’un placebo. Ces traitements étaient administrés pendant 2 mois. Les chiens étaient évalués tous les mois. Une analyse biochimique et hématologique était réalisée à cette occasion. Un score clinique CADESI et de prurit était noté initialement et lors des contrôles.

Après 2 mois, une disparition des symptômes a été constatée chez 3/11 chiens du premier groupe et 5/12 chiens du second groupe. Après un mois, une baisse de 38,78 % et 56,75 % du score CADESI et 43,34 % et 47,76 % du score de prurit a été observée respectivement dans le premier et le deuxième groupes.

Différence significative
Il existait une différence statistiquement significative de ces scores après un et deux mois entre les deux premiers groupes et le placebo, tandis que les scores entre les groupes 1 et 2 n’étaient statistiquement significatifs qu’après 2 mois. Par ailleurs, globalement, aucun effet secondaire n’a été observé avec ces traitements.
A retenir : cette étude prospective montre que l’association pentoxifylline et AGE est non seulement efficace dans le contrôle symptomatique de la dermatite atopique, mais qu’elle est aussi plus efficace que la pentoxifylline employée seule, qui plus est sans effet secondaire notable

*Singh S (2010) Therapeutic management of canine atopic dermatitis by combination of pentoxifyllineand PUFAs. J Vet Pharmacol Therap Vol. 33: 495-498

 


Marché mondial du médicament vétérinaire : retour à la croissance ?


de Claude ANDRILLON Posté mars 2011

Ces dix dernières années, le marché du médicament vétérinaire a été bien orienté. Cette croissance a été brutalement stoppée en 2009 mais on peut être raisonnablement optimiste puisque le marché a résisté. Notre confrère Jean-Louis Crosia, président de Merial SAS, a présenté, le 24 février, devant l’Académie vétérinaire de France, une communication analysant le marché du médicament vétérinaire sur les 10 dernières années et les perspectives d’évolution.

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Un paysage économique contrasté
Le marché mondial du médicament vétérinaire s’élève, pour 2009, à 18,6 milliards de dollars, soit 2,2 % du marché du médicament humain.
La croissance nominale de ce marché conjugue la croissance réelle (augmentation de nombre d’unités vendues), 0,3 % en 2009, celle induite par la hausse des prix, 1,5 % en 2009, et les variations résultant des fluctuations des taux de change, - 4,6 % en 2009.

Sur le marché mondial, l’aviculture représente 11 %, les ruminants 29 %, le porc 18 %, les animaux de compagnie 42 %.
La biologie représente 25 %, les antiparasitaires 28 %, les anti-infectieux 16 %, les aliments médicamenteux 11 %, les autres 20 %.
Le marché des antiparasitaires a été perturbé par l’arrivée des génériques. Celui des anti-infectieux par l’impact présumé de leur usage.

L’Europe de l’Ouest consomme encore 31 % des médicaments vétérinaires.

Les fabricants comptent une dizaine de gros acteurs : Pfizer FD 18,9 %, Intervet 14,6 %, Merial 13,7 %, Bayer, 6,7 %, Elanco 6,5 %, Novartis 5,6 %, Boehringer 4,5 %, Virbac 3,3 %, Ceva 2,9 %.
Leur présence est modulée selon les segments : Merial est leader pour les animaux de compagnie avec 20 %, Pfizer FD est leader pour les animaux de rente avec 20 %.
Évolutions récentes : croissance de 2 à 4 % par an

De 2002 à 2008, le marché a affiché un taux réel de croissance de 2 à 4 % par an car il a été soutenu par l’innovation, notamment dans le secteur des animaux de compagnie.

La crise a brutalement stoppé cet essor en 2009. La France, quant à elle, a été impactée à retardement, à partir de début 2010, alors que le redressement s’est amorcé ailleurs sous l’influence de paramètres fondamentaux favorables.

La crise devrait être derrière nous en raison d’un développement croissant des liens affectifs envers l’animal de compagnie et de la hausse de la demande en protéines animales, corollaire de la démographie.

En revanche, les zones géographiques de production de denrées animales, donc les régions de consommation de médicaments vétérinaires, devraient connaître de profondes modifications. Ainsi, l’Inde est le premier producteur laitier au monde.

Tendances sur le long terme : très favorables pour les animaux de compagnie

Les tendances sur le long terme sont très favorables concernant l’animal de compagnie dont le statut, la médicalisation et le niveau des dépenses de santé se valorisent avec le développement économique.
La croissance mondiale du marché des médicaments pour animaux de compagnie sera soutenue par l’innovation et la médicalisation accrue des chats. Elle pourrait atteindre 4 % par an.
Le niveau de concurrence devrait cependant s’accroître et les coûts de recherche et de développement et de mise sur le marché augmenter.

Le remplacement des blockbusters par des produits moins profita-bles pourrait aliéner les retours sur investissement.

Sur le segment des antiparasitaires externes, l’innovation pourrait s’emparer d’indications plus étroites. Le réchauffement climatique aura un impact non négligeable. Le soutien des vétérinaires demeurera fondamental mais de nouveaux canaux de distribution pourraient se développer.

Ces facteurs favorables pourraient voir leurs effets perturbés par de nouvelles exigences réglementaires.
Pour les animaux de production, la demande sera tirée vers le haut par l’industrialisation de la production, la nécessité de contrôler efficacement les maladies animales et la hausse de la demande en protéines animales.
Les facteurs défavorables pourraient être la baisse des cours et la concurrence entre biocarburants et élevage pour la valorisation des ressources végétales.

Quel devenir pour l’industrie du médicament vétérinaire ?

De nombreuses firmes du secteur ont été ballottées dans des opérations de fusion acquisition dont l’objet était le médicament humain.
De 27 entreprises en 1990, on est passé à 6 acteurs majeurs.

Ce processus s’est accompagné d’allègement des portefeuilles produits, imposé par les législations antitrust qui ont permis aux entreprises moyennes d’accroître leur dimension internationale.
Ces entreprises ne peuvent se contenter d’exister. Elles doivent croître, en priorité par l’innovation.

Ces 10 dernières années, le marché a été bien orienté. Cette croissance a été brutalement stoppée en 2009 mais on peut être raisonnablement optimiste puisque le marché a résisté.

La pérennité d’une industrie du médicament vétérinaire puissante demeure néanmoins suspendue à une seule question : est-ce que cette industrie demeurera attractive pour les investisseurs ?

 

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